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04 janvier 2007

France : la "sondagïte" aïgue

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  Des chiffres et encore des chiffres... Près de trois sondages sont publiés par jour par plus de 300 instituts, Ifop et Ipsos en tête. Les Français seraient même les plus sondés au monde ! Et ce n'est pas la prochaine élection qui va calmer cette sur-production. Les présidentielles exaltent cette profusion et engendre parfois de drôles de contradiction. Il n'est pas rare que deux sondages parus le même jour donnent Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy tous deux vainqueurs.

Une place majeure ?
  Les enquêtes d'opinion jouent un rôle de plus en plus important dans ce qui est aujourd'hui le "jeu politique". Elles sont devenues pour les responsables politiques une pratique dont ils ne peuvent plus se passer. Ségolène Royal est vue comme la mieux placée pour battre Sarkozy ? La voilà qui fièrement s'y accroche pour imposer sa candidature à l'investiture socialiste. De son côté, le ministre de l'Intérieur ne justifie ses choix qu'avec un (répétitif) argument : "l'opininon me donne raison". A-t-il perdu la mémoire ? En 95, alors qu'il soutenait Balladur, le favori des sondage, c'est finalement Chirac qui fut élu. William Abitbol, un député européen, adressa alors à Sarko cette phrase : "Vous n'avez rien compris ! Nous n'avons pas d'électeurs, nous avions les sondages, ce n'est pas la même chose !" Pareil en avril 2002. Alors que les sondages annoncés un duel Chirac/Jospin au deuxème tour, c'est Le Pen qui pris la place du candidat socialiste.
Les élus vont de moins en moins sur le terrain dans un autre but que celui de se montrer aux télés. Les enquêtes ont pris le relais des relations de proximités, du contact humain. Les sondages permettent aux hommes politiques de savoir quoi dire pour aller dans le sens de l'opinion dominante. Certains en jouent et pensent que les sondages sont l'expression de l'opinion publique dans une logique purement démocratique. D'autres craignent de les voir manipuler les électeurs et fausser les consultations électorales, les accusant de jouer le rôle de primaire.

  La mise en scène des résultats dans les médias modifie le comportement des électeurs. En les relayant allégrement dans le but de vendre, la presse offre aux sondages un support, une légitimité et amplifie leur pouvoir d'influence. Car les enquêtes, en conditionnant le regard des citoyens, tiennent un rôle important dans la construction de leur opinion politique. Le sondage pourrait provoquer chez l'électeur tout et son contraire : le ralliement au vainqueur ou le soutien au plus faible, la démobilisation puisque les "jeus sont déjà faits" ou la mobilisation pour déjouer la fatalité.

  Une mauvaise représentativité ?
  Qui n'a jamais raccroché au nez d'un sondeur par téléphone ? Trop long, pas le temps... les excuses sont nombreuses. Voilà qui pose la question de la représentativité de ces sondages. Lorsque deux enquêtes publiés le même jour affichent des résultats contradictoires, on peut se demander ce qu'il en est de leur fiabilité. Tout dépend en fait de la façon dont la question est posée. Car les sondages orientent les réponses, les réduisent et les déforment, ce qui peut engendrer des résultats réducteurs ou erronés. Certains sondés ne répondent pas honnêtement aux enquêteurs, par timidité, honte ou désir de plaire. Le sondage ne peut donc pas être représentatif. Rendez-vous compte. Il suffirait de procéder à l'interrogatoire de mille personnes pour connaître le comportement politique d'in pays de 60 millions d'habitants ?

  Le sondage est donc un outil de la démocratie moderne mais il ne doit pas remplacer l'élection. A consommer avec modération...

Posté par Damien Allemand à 16:41 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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