06 février 2007

Quand José Bové donne rendez-vous

file_232374_46294  Il y a quelques jours nous nous demandions ce que voulait José Bové. Question naïve. Depuis le début, l’ex-syndicaliste paysan ne veut qu’une chose : se présenter à l’élection présidentielle. Son vrai-faux retrait du processus anti-libéral en novembre, l’orchestration de son retour via une pétition sur internet début janvier… tout cela n’était que péripéties. Un exemple ? Jusqu’à il y a trois semaines, Bové exigeait que Marie-George Buffet pour le PC et Olivier Besancenot pour la LCR se retirent de la course. Devant la fin de non-recevoir opposée par les deux candidats, la condition a été aussitôt levée.

  Candidat, donc, José Bové a fait une entrée en fanfare dans la campagne. Interviews télé, radio et percée dans les sondages quasi-simultanée… à 4% pour la Sofres, devant les quatre (!) candidats de l’extrême-gauche et Dominique Voynet.

  Les semaines à venir ne seront cependant pas forcément un long fleuve tranquille pour l’alter-mondialiste à moustache. Premier rendez-vous dès la nuit prochaine : avec les résultats des élections dans les chambres d’agriculture. Quel score pour la Confédération paysanne, dont est issu José Bové  ? Plus, ou moins que les 27% de 2001 ? Le rendez-vous certes n’est pas majeur, mais donnera une indication sur l’humeur d’un monde rural que José Bové veut (aussi) représenter.

  Deuxième rendez-vous, le jour J : mercredi 7 février. A 14h, la cour de cassation dira si elle confirme le jugement en appel de 2005 condamnant José Bové à quatre mois de prison ferme, pour fauchage de maïs OGM. A priori, il semble peu probable que le néo-candidat soit envoyé illico derrière les barreaux, même si la peine est confirmée. Via le jeu des procédures, l’exécution serait certainement repoussée à l’après-élection. La décision de la cour d’appel n’en est pas moins attendue avec une certaine impatience. A 19h30, premier meeting de campagne, à Aubagne. « Il s’agira de donner le ton, d’annoncer la couleur ; il y aura des nouveautés, c’est évident », assure un proche du candidat. Qui annonce un meeting festif, différent des habituelles réunions de campagne, avec musiciens et plasticiens.

  Et puis il y a la collecte des signatures. Affirmant disposer d’un matelas de 200 parrainages, Bové se dit confiant. « Je n’imagine pas une seconde ne pas réunir les 500 signatures », s’exclamait-il la semaine dernière. Un point sera fait toutes les semaines pour vérifier si la dynamique prend. Jusqu’au 11 mars, où les collectifs anti-libéraux doivent se réunir une dernière fois, avec le staff de campagne, pour décider une fois pour toutes d’y aller ou pas. Mais là aussi, José Bové affiche sa confiance. Pas question d’une candidature de témoignage à 2-3%. S’il s’est lancé promet-il, « c’est pour aller au bout ». Sera-t-il ponctuel au rendez-vous ?

Posté par Damien Allemand à 19:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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